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FRANCESE


L'ANGE D'AVRIGUE

Editions Verdier 1990
Collection
“Terra d’altri”

Traduit de l'italien par
Philippe Renard

Vers onze heures, Gregorio se rendit à Avrigue. Il devait passer l’après-midi au bar du Hollandais où d’ordinaire l’attendait Jean-Pierre. C’était un bel endroit sur un éperon presque toujours doré et venteux.
Pour descendre sur la piace, il prit une ruelle sinueuse, un carruggio*, où le vent n’entrait pas en enfilade. Il se rappelait qu’il conduisait à une petite place dite "porte de la Madone" (une statue était scellée sous la corniche de la chapelle) et de là on descendait par des escaliers sur la grand-place. Le carruggio était désormais abandonné: portes barricadées, portes ouvertes sur le vide, fenêtres à demi arrachées... rien de grave: des nids de misère en moins! Des nids de silence désormais et de rats. Avrigue était en pleine décadence: la faim de toujours y régnait qui maintenant semblait insupportable, et les jeunes s’en allaient.

* Nous indiquons en italique les citations en français, en langue étrangère ou en dialecte dans le texte.


VENT LARGUE

Editions Verdier 1993
Collection
“Terra d’altri”

Traduit de l’italien par
Bernard Simeone

Dans la lumière étale entre oliviers et solitudes rocheuses parvint le son de la cloche du milieu. Varì compta ses voyages: trois, c’était pour un homme. Il ne parvenait pas à s‘imaginer : il n’avait pas entendu dire qu’à Luvaira quelqu’un fût sur le point... Et là autour, dans les olivaies, il n’y avait personne à qui demander.
Mais le soir, descendu à Luvaira, il apprit que c’était le passeur qui s’en était allé, et se rendit à sa bicoque.
La veillée funèbre avait déjà commencé. Une étrange veillée. Ils étaient tous dehors, devant la porte seule une femme était restée près du mort, projetant son ombre, avec celle d’une fleur à haute tige, sur le sol de terre battue.
Dehors, à la belle étoile, pas un mot. Ensuite, accompagnées d’un bruissement d’oliviers, des phrases à mi-voix — on est peu de chose! il faut s’y préparer! — qui ne faisaient aucun bruit. Quand la brise marquait une pause, du silence recouvrait le silence.


ATTENTE SUR LA MER

Editions du Seuil septembre 1996

Traduit de l'italien par
François Maspero

 

Le car le laissa en bas de Pietrabruna. Ses deux compagnons de voyage disparus derrière le tournant, il posa la valise sur le parapet et s’arrêta pour regarder. On voyait des éboulements accrochés à la colline et des oliveraies dans des combes lumineuses. C’était un temps de lumière marine. Soudée aux sommets, aux crêtes, jusqu’à Pietrabruna.
"Comment savoir si elle est calme, nerveuse, ou mal-heureuse, comment savoir dans quel état est Clara...". Quand il l’avait quittée, une ombre de mélancolie parcourait son front, ses yeux pailletés de soleil.
Il prit la valise et commença de monter tristement. Maintenant, la lumière faisait voile vers les montagnes. Un coup de vent, certainement.


LES PAROLES LA NUIT

Editions du Seuil 1999

Traduit de l'italien par
François Maspero

Souvent le soir, pendant son séjour à l’hôpital, il avait pensé au vent qui précède la nuit, après que le jour avec une petite variation de lumière, plus nue ou plus voilée, a annoncé sa fin. Les vagues à l’horizon toujours haut se mettaient à filer, entrainées par le soleil.
— Adieu, les amis, dit-il en rassemblant ses maigres affaires.
Certains se redressèrent pour s’asseoir. D’autres firent tout juste un geste de la main en restant allongés. Il y en avait deux qui ne verraient plus ni la mer ni les collines, sauf en rêve. Leurs yeux ne voyaient plus que la cime d’un eucalyptus, où le soleil entrait de biais.

OUVRAGE TRADUIT ET PUBLIE AVEC LE CONCOURS DU CENTRE NATIONAL DU LIVRE


Le silence

LE SILENCE

Verdier, Lagrasse, 2005.

Traduit de l’italien par Carole Walter

 

Suivi de deux entretiens de Francesco Biamonti avec Antonella Viale et Bernard Simeone

Il monta par des terrasses et de petits escaliers bancais, jusqu'au bois. Une femme était assise au milieu des angéliques, Ics mains trempées et une goutte d'eau sur le menton.
— C'est chez vous, ici?
— Chez moi ? C'est beaucoup dire. Elle lui demanda alors si l'eau était bonne. C'était un filet qui courait vers le ruisseau a. sec.
— Elle est un peu calcaire. Mais avant on la buvait, on n'en mourait pas...
— J'avais soif.
Du temps où le terrain était bien entretenu, la source jaillissait d'une conduite et allait sur des troncs de pin jusqu'à une fosse revétue de pierres. A présent elle se perdait sur la garrigue.
— Vous pouvez me dire comment s'appellent ces fleurs?
— Des angéliques.
La femme parut enchantée, le front hors du temps.
— C'est un très beau nom. C'est vous qui les avez plantées ?
—J'ai jeté des graines. Elles aiment avoir les racines dans l'eau et la tète dans le soleil.


TEDESCO


DIE ERWARTUNG

Klett-Cotta
Stuttgart, 1996

Aus dem Italienischen
übersetzt von
Brigitte Forster
und
Christina Viragh

Attesa sul mare

Der Bus liess ihn unterhalb Pietrabruna aussteigen. Gleich darauf waren seine beiden Reisegefährten in der Kurve verschwunden; er stellte seinen Koffer auf das Mäuerchen, stand und schaute. Man sah das Geröll von Erdrutschen an den Hängen und Olivenhaine in Schluchten voller Licht. Meereslicht. Es schmiegte sich an die Hügel, die Bergkämme, bis hin nach Pietrabruna.
'Wer weiss, ob sie ruhig ist, oder unglücklich. oder nervös', — überlegte er — , wer weiss, wie Clara ist ...' Als er sie zurückgelassen hatte, war ein Schatten von Wehmut über ihre Stirn, ihre sonnengesprenkelten Augen gezogen.
Er nahm den Koffer und machte sich traurig an den Aufstieg. Jetzt segelte das Licht über den Bergen. Hin und wieder ein Windstoss.


DIE REINHEIT OLIVEN

Klett-Cotta Stuttgart, 2000

Aus dem Italienischen
Von Paul-Wolfgang Wührl

Le parole la notte

 

 

Während des Krankenhausaufenthalts hatte er abends oft an den Wind gedacht, der der Nacht vorausgeht, wenn der Tag mit einem mehr oder weniger verschleierten Lichtrest sein Ende angekündigt bat. Die Wellen am immerzu hohen Horizont setzten sich in Bewegung, von der Sonne angezogen..
"Macht es gut, Leute", sagte er, nachdem er seine wenigen Sachen eingepackt hatte.
Irgendeiner setzte sich auf. Andere bewegten kaum die Hand und blieben ausgestreckt liegen. Zwei von ihnen würden weder das Meer noch die Hügel je wiedersehen, es sei denn im Traum. In ihren Augen spiegelte sich der Wipfel eines Eukalyptusbaumes, den die Sonne schräg beschien.


CATALANO


VENT DE MAR ENDINS

Proa -Barcelona 2000

Tradució
Rosa Maria Oliveros

Vento largo

En la llum distesa entre oliveres i solituds de roques retronà el so de la campana mitjana. Vari comptà les campanades: eren tres, eren per un home. Això el sorprengué: no havia sentit a dir que a Luvaira algù estigués a punt de morir. I al voltant seu, a l’oliveda, no hi havia ningú a qui preguntar-ho.
Al vespre, però, quan baixà a Luvaira, s’assabentà que era el passador qui els havia deixat, i se n’anà cap a casa..
Ja havia començat la vetlla fúnebre. Una vetlla estranya. Estaven tots a fora; només una dona s’havia quedat amb ei difunt i, al costat d’una flor de tija llarga, projectava la seva ombra sobre el terra de ciment.
Fora, sota les estrelles, ningú no parlava. Més tard, acompanyades d’una remor d’oliveres, se sentien frases a mitja veu que repetien "no som res!, cal estar preparats!". I en les pauses de l’oratge, el silenci es clavava en el silenci.
En el cor de la nit, algú va al-ludir al temps: a la sequera, a la tardor lluminosa.


SPAGNOLO


Las palabras la noche

LAS PALABRAS LA NOCHE

Akal,
Madrid
2004

Traduzione
di César Palma

En el hospital pensó muchas noches en el viento que precede a la noche, cuando el día, con un último hálito de luz, mas intensa o mas apagada, anuncia su final. Las olas, en el horizonte siempre alto, echaban a correr arrastradas por el sol.
— Adiós, amigos -dijo tras recoger sus escasas pertenencias.
Algunos se incorporaron. Otros permanecieron acostados y apenas hicieron un gesto con la mano. Dos de ellos no volverían a ver el mar ni las colinas, salvo en sueños. En sus ojos quedaba grabada la copa de un eucalipto que el sol penetraba de través.
— ¿Así que se quiere marchar?
— Nadie me lo puede impedir.
— ¿Por qué tanta prisa? Querrà ir al sitio donde se accidente, darò. ¿Piensa que le hemos creido?
— Gracias.
Contó que se había clavado la punta de un horcón. Y el médico, amable o indiferente, fingió creerle.
— Firme aquí como responsable de su alta.


OLANDESE


De woorden de nacht

DE WOORDEN DE NACHT

Van Gennep,
Amsterdam
2006

Traduzione di
Mieke Geuzebroek e Pietha de Voogd

~ Wat een ijle schaduw!~ Het was hem nooit gelukt om ze te laten groeien in de
kalkgrond van zijn land. Ze hielden van het zand dat door de zee wordt aangevoerd,
ze haddden tere wortels, de takken vormden zich naar de bries.
De taxi arriveerde en stopte precies tussen de stammen van de peperbomen. Hij werd
bestuurd door een jonge, donkere vrouw.
'Brengt u me naar huis?'
'Heeft u een koffer?'
'De kofferbak hoeft er niet voor open.'
Hij had alleen een tas met een pyjama, zeep en een boek.
'Waar is uw huis?'
In Argela. Weet u de weg?'
'Ik ben er maar één keer geweest, maar ik weet het nog.'
Na een stuk zeeweg en een dal slingerde de weg langs gouden rotsen, met terrassen ertussen, omhoog.


 

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